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Module 4

Un modèle cognitif selon le CO

Un modèle doit expliquer le déclaratif et le procédural sans réduire l’esprit aux concepts ou symboles, et rester cohérent avec les neurosciences.

Positionnement

Un modèle non réductionniste

Issu de l’équilibration piagétienne et de ses prolongements, le modèle partage la vision naturaliste et non réductionniste de émergentisme: les processus cérébraux causent les processus mentaux, sans confondre le niveau macro psychologique et le micro neuroscientifique.

Ce sont deux descriptions d’une même réalité construite. L’image cérébrale propose des parallèles plausibles plutôt que des correspondances systématiques.

Construits

Les éléments du modèle

Chaque construit prend sens par ses relations avec les autres.
EeSchèmes spécifiques
Dépendants du contenu : physiques inertes (Eef), émotionnels (Eee) et intentionnels (Eei). Ils attribuent le sens.
EgSchèmes généraux
Construits par réflexion : opératoires (Ego), sentimentaux (Egs) et grammaticaux (Egg).
HfPensée figurative
Signes, symboles, graphismes et images : base sémiotique ou sensorielle du déclaratif.
PcProcesseur central
Coordonne et séquence l’activité de Ee, Hf et Eg selon la demande.
RiReprésentation de l’interaction
La trace en mémoire sensorielle de l’interaction sensori-motrice (Ie) ou sémiotique (Is).

Réponse procédurale

A = Eg [ Ee + Ri ]

L’action mobilise les schèmes spécifiques, modulés par les généraux.

Réponse déclarative

D = Eg [ Ee + Hf + Ri ]

Parole et écriture exigent aussi de relier schèmes et outils figuratifs.

Système dichotomique

Quatre paires pour concevoir le modèle

Quatre distinctions expriment les principes à respecter.
Signifiant et signification

Moins adéquate · Le sens comme définition

Le sens traité comme assemblage grammatical de signifiants, à la manière du dictionnaire.

Plus adéquate · Signification organique

Un ensemble organique attribué intérieurement par le corps, la cognition et l’affectivité : ce qu’il prépare à faire, dire ou ressentir.

Apprentissage et conditions externes

Moins adéquate · Correspondance

Relier substantiellement les idées, supposer une causalité enseignement-apprentissage ou examiner seulement les états initial et final.

Plus adéquate · Construction interne

Toute construction reste interne, quelles que soient les conditions pédagogiques.

Concept et schème

Moins adéquate · Processeur symbolique

L’esprit traité comme processeur symbolique ou réseau grammatical réduit le procédural au syntaxique.

Plus adéquate · Schème

Une vision incarnée et procédurale où le schème décrit mieux le savoir que le concept.

Logique et psychologie

Moins adéquate · Lecture logique

La logique académique peut faire paraître le sujet incohérent, fragmenté ou confus.

Plus adéquate · Lecture psychologique

Un cadre fidèle aux données psychologiques révèle un savoir cohérent et pragmatique issu de l’autorégulation.

Constructions spécifiques

Deux sources d’information : Ie et Is

Dans les interactions sensori-motrices (Ie), les objets fournissent des données brutes. L’assimilation leur donne du sens et l’accommodation réajuste les schèmes. Cette intégration est un processus organique d’essais, d’ajustements et de rectifications exigeant temps et engagement affectif.

Dans les interactions sémiotiques (Is), le sujet connaît déjà certains signes partagés, souvent des mots. L’expérience sociale enrichit le sens : plus accessible que les données brutes, sans appropriation directe.

Premier niveau

Trois domaines de schèmes spécifiques

Les domaines se chevauchent ; leurs frontières se comprennent mieux par la psychologie que par des catégories rigides.

Eef

Domaine physique inerte

Régule orientation, équilibre personnel et des objets, et prévision des mouvements.

Eee

Domaine émotionnel

Donne aux actions une valence affective qui active ou inhibe l’organisme, essentielle à l’apprentissage.

Eei

Domaine intentionnel

Anticipe les intentions : désirs et croyances d’après les gestes, ironie, tromperie et simulation.

Les parallèles neuronaux proposés concernent les zones motrices, sensorielles, spatiales, auditives et surtout l’aire de Wernicke. Il s’agit d’une hypothèse, non d’une correspondance établie.

Schéma : conscience et explicitation
Schéma : conscience et explicitationDu savoir-faire sensori-moteur à l’explicitation par conscience autonome et sociale et redescription représentationnelle.Version traduite du schéma original de Nicolás Marín Martínez. Voir l’original en espagnol
Lire le texte du schéma
  • Constructions cognitives dans l’explicitation
  • Prise de conscience autonome
  • Elle s’active face aux conflits entre l’objectif et le résultat de l’interaction. Le sujet réfléchit aux moyens utilisés, aux raisons de leur choix et aux changements liés aux facteurs initiaux. Plus le schème devient conscient, plus le contrôle et la coordination augmentent
  • Connaissance sensori-motrice (savoir-faire). Échange par imitation de l’action
  • Niveau intermédiaire. Nouvelles ressources d’explicitation par des signifiants liés aux significations
  • Explicitation sémiotique du schème de connaissance procédural et implicite
  • Prise de conscience sociale
  • Avec autrui, la conscience autonome s’accélère et s’explicite dans les espaces sociaux. La redescription représentationnelle utilise le réseau social partagé de signifiants et de significations pour reconstruire les contenus implicites du sujet et les rendre exprimables. Les schèmes gagnent en contrôle, en extension et en coordination

De l’implicite à l’explicite

Outils figuratifs, conscience et savoir déclaratif

Les outils de la pensée figurative (Hf) permettent communication et pensée au-delà du sensori-moteur. Les schèmes leur attribuent du sens, créant des liens Hf-Ee consolidés et automatisés.

L’interaction interpersonnelle mobilise le S-C: communiquer élargit les Hf partagés et rapproche les significations. Le modèle suggère un lien hypothétique avec le faisceau arqué reliant Broca et Wernicke.

La conscience progresse de l’exercice du schème à son activation sur des objets évoqués, puis à l’explicitation sociale par coopération et correction.

Le modèle propose que le savoir déclaratif n’est pas une version permanente des schèmes, mais un processus temporaire d’association avec Hf, expliquant la faible corrélation entre faire et exprimer.

Second niveau

Schèmes généraux et processeur central

Les schèmes généraux se construisent par réflexion cognitive et affective prolongée sur le premier niveau, puis sur les contenus explicités.

Les schèmes opératoires (Ego) naissent de l’abstraction sur les régulations des schèmes spécifiques. Les schèmes sentimentaux (Egs) explicitent les schèmes émotionnels par les valeurs et normes. Les désirs sous-tendent souvent le rationnel ; systèmes préfrontal et limbique sont liés. Les schèmes grammaticaux (Egg) relient les matériaux sémiotiques par des chaînes issues des rééquilibrations Hf-Ee, loin de l’innéisme chomskyen.

Le processeur central (Pc) coordonne les fonctions exécutives, avec parallèles préfrontaux, et les activités des schèmes et Hf. Il couvre l’exécutif central, le tampon épisodique et la mémoire de travail de Baddeley.

Conclusions

Apports du modèle

01

Nouvelles constructions

Schèmes émotionnels et intentionnels prolongent les schèmes d’action de Piaget, avec conscience socialement régulée et schèmes grammaticaux et sentimentaux.

02

Cohérence organique

Le S-C explique l’intériorisation sans appropriation directe. Le déclaratif est une construction temporaire plutôt qu’un réseau fixe.

03

Conscience et explicitation

La conscience développe progressivement schèmes, outils figuratifs et leurs liens.

04

Émotion et sentiment

Les construits affectifs (Eee, Egs) stimulent, activent ou inhibent l’assimilation.

05

Genèse des construits

La mémoire à long terme comprend Ee et Eg avec leur genèse, contrairement aux mémoires informatiques. Les schèmes intentionnels expliquent organiquement la théorie de l’esprit.